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Henri Marrou  adhère au Syndicat Général de l’Education Nationale dès la fondation  de celui-ci, en 1937. Ses fondateurs, principalement le  grand ami de Marrou depuis l’École Normale supérieure Paul Vignaux, tiennent à   dissocier le syndicalisme d’inspiration chrétienne  du corporatisme traditionnel  susceptible de pactiser avec  un « nouvel ordre européen » (dont Marrou venait de faire l’expérience dans l’Italie fasciste. )

Ce  syndicat universitaire affilié à une confédération chrétienne, la C.F.T.C., se veut unitaire, et  envisage  son action dans le service public d’éducation d’un point de vue laïque, selon les exigences  d’une école commune à tous les Français. H. Marrou milite directement  à la CFTC  à Lyon entre février 1941 et janvier 1943 Des résumés de ses interventions devant les militants CFTC de l’Ecole Normale Sociale Ouvrière de Lyon (textes retrouvés par Jean Lecuir dans divers dépôts d’archives) restituent ses positions sur le rôle des travailleurs pour relever la nation, invitent à une réflexion ouverte sur les classes sociales en France, sur la nécessaire liberté d’enseignement et de pensée dans une Ecole au service de la communauté nationale.

H. Marrou fait siennes les idées fondatrices du Syndicat Général de l’Education Nationale ( SGEN) , ce qu ’illustre, aussitôt après la libération, son « Protoschéma d’un plan de  réforme universitaire » élaboré  dès 1943 et publié dans Esprit (n°1, 1944 ; repris dans Cahiers Marrou n°1,  2008), puis sa participation  en 1951 à la Commission Paul Boncour, et son opposition  au maintien des subventions de Vichy à l’enseignement confessionnel.  Son influence personnelle au S.G.E.N. est  considérable mais il se dit simple « militant de base », facilitant  l’amélioration  ou le règlement de certaines situations individuelles  grâce à sa notoriété de grand universitaire.  

À  dater de mai 1968, le syndicat est agité de soubresauts « gauchistes » ; le comité national de 1970 reflète des divisions qui ne cessent de  s’élargir. En octobre 1973, Paul Vignaux et son successeur au secrétariat national Charles Pietri constatent que le SGEN a rompu «  dans la conduite du syndicalisme fondé en 1937 » et démissionnent du Comité national . Quelques mois après, vingt universitaires dont  Henri Marrou cosignent une lettre de démission  qui paraît dans Le Monde du 6 mars 1974.

[Sur Jean Lecuir lien avec le PDF Henri Marrou syndicaliste]