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En 1967 paraît Les Troubadours, d’Henri Davenson , Editions du Seuil , collection ( de poche) , «  Le temps qui court ». Les troubadours  y sont présentés nominalement, dans les siècles de leur floraison ( XIème-XIVème), dans l’espace et la langue du pays d’oc  dont ils apparaissent comme les fleurons, avec la musique dont ils accompagnaient leurs poèmes. C’est un ouvrage de vulgarisation, il a introduit un large public dans un domaine où ne s’étaient  manifestés  encore que   des spécialistes  érudits.

Henri  Marrou (Davenson) connaît bien  le Moyen âge (Revue du Moyen âge latin, jurys de thèses, préfaces, compte-rendus , études  sur le monachisme ). Il a d’emblée dénoncé à la fois le mythe du  « Moyen âge chrétien » et  la réputation d’obscurantisme qui lui a longtemps été faite.

Très attaché par ailleurs  au terroir familial (pays de Gap et de Die), il a été  provençalisant  et même Félibrige dans sa prime jeunesse.

Dans  la poésie des troubadours à la fois lyrique et savante il décèle  les riches  composantes de  la culture  médiévale ( féodalité, croisades, catholicisme latin,  cartharisme, influence arabe, encyclopédisme livresque etc.) Il  analyse  leur  grand thème érotique, « l’ amour courtois ».  Sur ce thème,  il a déjà polémiqué avec Denis de Rougemont (Esprit, N°9, septembre 1939) , approfondi  les études de Nygren ( Eros et Agapé) , d’Evdokimoff ( le mariage chrétien) etc.  Dans Les Troubadours il soutient la  thèse  que l’amour courtois n’est pas né dans les milieux albigeois, n’est  pas d’origine cathare, mais  contient les prémisses d’une conception chrétienne de l’amour et du mariage.